L' homéopathie

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L' homéopathie

Message  Invité le Mer 3 Oct 2012 - 22:11



L'homéopathie par le dr Yves Le Guénédal


L’homéopathie est une méthode thérapeutique découverte par S. Hahnemann à la fin du 18e. Elle est née dans un environnement médical qui n’avait pas l’efficacité de la médecine scientifique actuelle.

Samuel Hahnemann était reconnu par ses pairs comme un brillant médecin. Lassé de la médecine de l’époque, il cessa de la pratiquer. Pour subvenir à ses besoins, il se mit à traduire des ouvrages médicaux. Et c’est en tra-duisant un livre de l’Écossais Cullen, sur le traitement de la fièvre intermittente par le quinquina, qu’il eut l’intuition fondatrice de l’homéopathie. L’explication que Cullen donnait quant à l’action du quinquina lui semblait erronée. Il l’expérimenta sur lui-même, en bonne santé, et obtint une fièvre intermittente, laquelle était combattue par cette même substance chez le sujet malade. Il expérimenta ainsi d’autres substances et fit le même constat : un remède donné à dose forte chez un sujet sain provoque des symptômes qui, retrouvés chez le sujet malade, seront combattus par la même substance. Il venait d’établir la loi de similitude, principe de base de la thérapeutique homéopathique.

Les dilutions homéopathiques
Au début, il utilisait, pour traiter les malades, des doses fortes qui pro-voquaient souvent des réactions secondaires. En diminuant les do-ses, les résultats furent meilleurs et les effets secondaires diminuèrent. Plus la dose était diluée plus l’action était douce et efficace. Voilà pourquoi les remèdes homéopathiques sont dilués. Ils peuvent l’être tellement qu’à un certain stade il n’existe plus de molécule base de la substance dans la préparation. Et pourtant, cela continue à fonctionner. Magique diront ceux qui ne regardent que par les lunettes de la science newtonienne. Mais peut-être que la science à d’au-tres prismes à nous soumettre sans pour autant rejeter Newton. Le docteur Benveniste, chercheur re-connu (directeur de recherche à l’Inserm) et respecté tant qu’il est resté « scientifiquement correct » a ouvert une voie de recherche avec des expérimentations qui donnaient des explications possibles et des preuves de l’action des hautes dilutions homéopathiques. Ce fut la polémique de la « mé-moire de l’eau ». Ces expériences démontraient que l’eau qui avait été en contact avec des molé-cules d’une substance en gardait l’information même si elle ne con-tenait plus de molécule de cette substance. Cette information, lors d’autres expérimentations, a été traduite en message électromagnétique qui provoquait les mêmes réactions que cette information. Les travaux depuis se sont multipliés et le signal moléculaire délivre un peu plus ses secrets.

La dynamisation
A l’action spécifique de la dilution homéopathique, Hahnemann a ajouté celle de la dynamisation qui consiste à agiter manuellement, ou maintenant mécaniquement, les différentes dilutions ou triturations. Cela augmente l’efficacité de la dilution à la manière d’une amplification.
On trouve 2 types de dilutions : les dilutions hahnemanniennes (DH ou CH) les plus couramment utilisées et les dilutions korsakoviennes (K).
Le produit de base à diluer s’appelle teinture mère. Une goutte du produit de base dilué avec 99 gouttes du solvant, en général de l’alcool, permet de créer une pre-mière dilution centésimale hahnemannienne (1 CH) soit 10-2. Une goutte de dilution 1CH mélangée à 99 gouttes de solvant crée une 2e dilution centésimale hahnema-nnienne (2CH) soit 10-4.
On peut aussi prendre une goutte de teinture mère avec 9 gouttes de solvant, faire une 1ère dilution décimale hahnemannienne (1 ère DH ou X).

Les produits non solubles subiront des déconcentrations au dixième ou au centième dans de la poudre de lactose. Ce sont des triturations.

Les dilutions korsakoviennes se font dans un même flacon et sont obtenues en mélangeant 1 goutte de teinture mère dans 99 gouttes de solvant et le mélange est dynamisé. C’est une 1K. On vide le fla-con. Ce qui reste sur la paroi est considéré comme l’équivalent d’une goutte et sera mélangé à 99 gouttes de solvant puis dynamisé pour obtenir une 2K. On peut ainsi fabriquer des 100 000K.

Les formes d’administration du remède homéopathique
La plus courante est la forme gra-nules. Elle s’emploie pour les prises quotidiennes ou pluriquotidiennes. Trois granules une à plusieurs fois par jour. En général, pour les dilutions de la 4 à la 30 CH.
La forme dose globules pour des dilutions moyennes à hautes.
La forme trituration concerne les déconcentrations basses de 1X (ou 1 DH) à 6X (ou 6 DH).
La forme gouttes s’emploie pour les dilutions basses.
Moins utilisées les formes ampoule buvable, ampoule injectable et suppositoire.

Les dilutions les plus couramment utilisées :
Dilutions basses : TM, 3X, 6X, 4 et 5 CH.
Dilutions moyennes 7 CH, 9CH.
Dilutions hautes : 15CH, 30 CH.

Modalités simplifiées d’utilisation des dilutions :
En aigu et pour les signes physi-ques, utiliser des dilutions basses ou moyennes en prises répétées et espacer les prises quand les symptômes s’amendent.
En aigu et pour les signes psychi-ques, utiliser des dilutions hautes.
En chronique, pour les remèdes de fond et de terrain, utiliser des dilutions hautes.

Le remède homéopathique peut appartenir au règne minéral, végétal ou animal. Ce n’est pas qu’une médecine par les plantes comme le pensent certains.

Une pathogénésie est l’ensemble des symptômes obtenus lors de l’expérimentation d’une substance ou remède. L’ensemble des pa-thogénésies forme la Matière mé-dicale homéopathique.

Cette Matière médicale homéopathique contient donc les por-traits symptomatiques de chaque remède et l’enseignement de l’homéopathie est avant tout l’apprentissage de ces portraits afin d’assurer le mieux possible l’analogie des symptômes d’un remède avec ceux d’un malade.
Avant d’aborder la consultation homéopathique, il faut préciser qu’il y a trois manières de pratiquer l’homéopathie qui divisent les ho-méopathes en 3 familles : les uni-cistes, les pluralistes et les com- plexistes.
Les unicistes pensent que l’important est de donner un remède à la fois. Dans les maladies chroniques, ce sera le remède de fond du patient qui tient compte des symptômes présents mais aussi de symptômes passés importants.En cas de maladie aiguë, le remède sera, soit le remède de fond, soit un autre remède. L’apport de l’informatique a permis d’optimiser la recherche du bon remède.
Les pluralistes, les plus nombreux, vont essayer de couvrir le cas avec plusieurs remèdes. Dans les ma-ladies chroniques, ils vont y adjoindre un remède de fond. Ils donnent des tubes différents pris en même temps.

Les complexistes vont mélanger dans une même préparation plu-sieurs substances.
Chaque groupe a bien sûr ses ar-guments pour valider son choix.
La consultation
homéopathique
Le patient qui va consulter un mé-decin homéopathe va avant tout consulter un médecin qui possède un outil supplémentaire : la thérapeutique homéopathique et une vision de la maladie plus holistique. Il sera écouté et examiné et des examens complémentaires pourront être demandés pour aboutir à un diagnostic médical classique. Si un traitement allopathique classique s’impose, il sera institué. En-suite, le médecin abordera la par- tie homéopathique.

Le symptôme en homéopathie.
Pour un médecin allopathe, une inflam-mation se soigne avec un anti-inflam- matoire et plusieurs personnes présentant, par exemple, une inflammation des amygdales pour-ront être soulagées par le même anti-inflammatoire. On supprime un symptôme par une ac-tion contraire.

Pour les homéopathes, le symptôme est l’expression d’un sujet unique avec ses propres réactions qui fait que l’angine de Paul n’est pas toujours la même que celle de Pierre. Le premier peut présenter une angine améliorée en buvant chaud et dont l’inflammation passe de gauche à droite et, le second des douleurs piquantes améliorées par un liquide froid. Ces précisions supplémentaires sont très importantes en homéopathie. On les appelle des modalités et elles permettent dans ce cas de prescrire Lycopodium à Paul et Apis à Pierre. Plus les modalités sont rares, bizarres et curieuses plus elles permettent de trouver rapidement le bon remède. Par exemple, la fièvre qui accompagne l’angine de Pierre s’accompagne d’une absence de soif. Seuls cinq remèdes ont cette caractéristique dont Apis. C’est ce que l’on appelle in-dividualiser sa prescription. C’est une autre grande caractéristique homéopathique. Plus la modalité est constante plus elle est fiable et participe à la valorisation du symptôme.

Pourquoi se compliquer l’existence pour aboutir au même résultat ? En fait, le résultat n’est pas tout à fait le même et les conséquences non plus. En tant que médecin in-tégratif (qui ne rejette aucune thé-rapeutique mais tente d’en op- timiser le choix) j’essaye d’éviter les anti-inflammatoires du fait de leurs effets secondaires. De plus, ils n’auront pas l’action dynamisante et respectueuse du traitement ho-méopathique qui tient compte de la spécificité de son patient. L’allopathie ne tient pas compte de la spécificité de chacun mais elle n’empêche pas celle-ci de s’exprimer à travers les effets secondaires. Chacun réagit à sa façon aux médicaments allopathiques et fait ses réactions avec son intensité qui lui est propre, mais cette individualisation est mise sans discrimination et sans en tirer aucun enseignement dans le grand four-re-tout des effets secondaires.

Les symptômes d’une pathogéné-sie n’ont pas tous la même importance, et ces symptômes sont hié- rarchisés.
4 principes dominent cette hié-rarchisation :
1er principe : le signe est d’autant plus important qu’il est général ;
2e : lorsqu’il existe, le signe étiologique (tous les signes morbides ont débuté à partir de…) est toujours le plus important ;
3e : Le signe psychique domine le signe physique ;
4e : Il y a 3 degrés dans l’intensité d’un signe.
Le degré fort (3e degré de Kent en caractère égyptien) caractérise un signe pathogénique retrouvé chez 9, 10 ou plus d’expérimentateurs.
Le degré moyen (2e degré de Kent en italique) caractérise un signe retrouvé chez 3 à 5 expérimentateurs.
Le degré faible (3e degré de Kent en caractère romain) caractérise un signe retrouvé chez 1 ou 2 expérimentateurs ou encore ayant été retrouvé chez des malades avec une réelle fréquence (l’administration du remède chez ces der-niers ayant fait disparaître le signe).
À égalité d’intensité, la hiérarchisation est la suivante par ordre décroissant :
- Signes étiologiques
- Signes psychiques
- Signes généraux
- Signes régionaux puis locaux,
le 4 ème est quantitatif.
En combinant les signes quantitatifs et qualitatifs :
Un signe hiérarchiquement inférieur peut être plus important si son de-gré est plus élevé.
Exemple : un signe physique au de-gré fort l’emporte sur un signe psy-chique au degré moyen ou faible.
En fait, pour l’homéopathe, le pa-tient présente des caractéristiques qui sont le reflet de son terrain et qui se traduisent par un remède homéopathique correspondant. C’est le traitement de fond du pa-tient. Il est tellement important qu’il est non seulement le traitement de sa maladie chronique mais aussi celui de la plupart de ses maladies aiguës qui ne sont alors qu’une expression réactionnelle très individualisée à une agression. Il sem-blerait que seulement un petit pourcentage des maladies aiguës justifient un remède autre. C’est le cas d’une attaque extérieure mas-sive entraînant une expression qua-siment identique chez plusieurs personnes (épidémie, suite de coup de froid intense etc.). C’est pour cette raison que l’uniciste s’a-charne à débusquer le remède unique. Parfois le patient présente des symptômes qui ne coïncident pas avec le remède de fond, raison pour laquelle les pluralistes l’épaulent avec des remèdes satellites.

Le médecin homéopathe va donc collecter les symptômes de son pa-tient avec les modalités qui s’y rat-tachent (valorisation) et les classer par ordre d’importance (hiérarchi-sation) pour aboutir au choix d’un remède ou de plusieurs remèdes. Leur dénomination est en latin.

Le patient prendra ses remèdes à distance des repas, plus d’1/4 h avant ou 1/2 h après.

La première consultation durera entre 3/4h à 1h et 1/2h pour les suivantes.
Le prix d’une consultation uniciste varie entre 80 et 120E pour la pre-mière et 60 et 100E pour les suivantes. Les pluralistes et complexistes ont des consultations dont les prix sont en moyenne de10 à 20E moins chers.

Docteur Y. Le Guénédal

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